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28 octobre 2014

18 Rue du Parc

18 Rue du Parc
Jacques Koskas 
Il est des jours éditions (2O14)

 

(Par  Annie Forest-Abou Mansour)

 

   image koskas.jpg Dans 18 Rue du Parc, Jacques Koskas, évoque un ancien immeuble voué à la démolition, le dernier du lieu–dit le Hameau du Parc, «en lisière du parc des Châtaigniers (…) transformé en jeux de massacre ». Les habitants se mobilisent alors pour empêcher sa destruction refusant « d’obéir à l’ordre d’expulsion ». La perte de cette maison où sont enfouis le passé et les souvenirs des locataires,  (« Les maisons pétries d’histoire »),  est une mise en abyme des pertes personnelles, individuelles.  Chaque chapitre décrit un fragment de vie, une souffrance différente, unique, échos des pertes et des  blessures intimes de l’Homme.  Chaque expérience individuelle révèle celle de la vie humaine  en général.

    Dans le lieu clos que constitue le vieil immeuble, symbole de la Vie,  cohabitent Mme Moineau, « élue meilleure pâtissière de la ville », devenue célèbre dans la région grâce à ses succulents choux à la crème, Alice Léchiquier, femme âgée, que sa mémoire  replonge dans la jeunesse, (« Elle se vit comme une jeune femme d’à peine plus de vingt ans. (…) La maladie la ramène en arrière dans une cure de rajeunissement inédite »), Paul Verbure, un homme déprimé au visage grave, Margot, une mère divorcée, qui croit, pendant plusieurs jours que ses deux fils ont été enlevés par leur père, un médecin doté  de recul face aux événements,  capable d’analyser les comportements des uns et des autres, un étrange policier, le nez toujours chaussé de lunettes noires…

    Tous ces êtres brossés à traits précis, dotés d’une personnalité  de plus en plus dense au fil des pages, sont confrontés à la souffrance physique ou psychique, aux différents visages de la perte,  mort ou séparation d’un être aimé, à la maltraitance… Les symptômes du déchirement sont donnés à voir avec précision : « Eléonore s’en approche, les mains moites, la gorge serrée à la limite de l’étouffement. Douleur aigüe, incisive ». Ses ravages sur le corps explicités : « Eléonore, son épouse, le visage hagard, les cheveux épars sur son front, le corps vieilli dans ses vêtements froissés (…) ». Les douleurs et leurs conséquences mentales ou corporelles sont dites, montrées.

    Certains  êtres vont arriver à mettre plus ou moins  à distance leur douleur en prenant différents chemins : l’amnésie, le refoulement, véritable « bombe à retardement »,  la somatisation pour le policier et la jeune infirmière, les larmes, la dépression, les regrets sans fin, inutiles (« Si elle avait su, ils ne seraient pas sortis ce soir là »), le retour dans le passé, la régression : « L’enfance reste un pays toujours prêt à nous recevoir. Y retourner, sans en avoir conscience, n’est-ce pas une façon astucieuse de faire la nique à la mort ? ». D’autres arrivent à sortir des épreuves, à surmonter le choc psychique subi, à tisser un processus de résilience à la faveur, par exemple, de la création artistique comme la peinture ou l’écriture.  D’autres  encore malheureusement  sombrent, cessant de lutter, choisissant le suicide, la fuite, l’alcoolisme, (« Vautré dans son fauteuil, il passait de longs moments à contempler le visage de la disparue, mêlant ses pleurs aux six bouteilles du pack de bière  posées à ses pieds qu’il tétait une à une, jusqu’à la dernière goutte »), la violence comme Emile Leboeuf, instituteur distingué au double visage,  maltraitant son enfant qu’il rend responsable de la mort de son épouse.

    Jacques Koskas, psychomotricien, psychanalyste,  part de son expérience professionnelle pour aboutir à l’écriture. Il donne un visage à des consciences et des coeurs blessés dont il sonde les replis avec talent et poésie (« Les yeux de l’enfant, démesurés dans son visage étroit, ressemblent à ces galets sombres, polis par les vagues, qui perdent leur éclat quand la mer se retire »), émotion et parfois humour (« Inutile d’effaroucher sa vieille amante, la possessive Dame Arthrose, en embuscade derrière ses articulations »). Utilisant avec simplicité les outils de la psychanalyse, il permet à  tout un chacun de comprendre  les différentes réactions de l’être humain confronté à la souffrance,  à l’intolérable et absurde finitude de la vie. 18 Rue du Parc  est l’ouvrage émouvant        d’un spécialiste du cœur humain qui lance implicitement un message de paix lorsque Léila passe « son bras sous celui de Simon » dont les parents sont partis en fumée pendant la Shoah. Pourquoi en effet l’existence de la  haine lorsque l’homme souffre déjà autant ? « Vanité des vanités, tout est vanité » dit l’Ecclésiaste

10 octobre 2014

Je t'enverrai des fleurs de Damas

Je t’enverrai des fleurs de Damas      
Franck Andriat   
Editions Mijade (2014)

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

    Image Damas.jpg Je t’enverrai des fleurs de Damas de Franck Andriat est un roman polyphonique construit sur des pensées qui s’entrecroisent autour d’échanges épistolaires entre Myriam, une adolescente de quinze ans, « intelligente et sensible. Forte et fragile. Un caractère fougueux qui n’a pas peur d’affronter l’orage » et son professeur de français,  surnommé  « Bébé Cougnou » par ses élèves parce qu’il « voit toujours la vie en beau ». Entre ces échanges s’intercalent leurs pensées, celles de groupes d’élèves, d’enseignants, dans l’univers clos d’un collège bouleversé par le départ incompréhensible pour la Syrie de Wassim et d’Othmane, « deux gosses tranquilles, des ados tout ce qu’il y a de plus normal  (...) », «  des ados d’ici, bien intégrés et qui auraient pu trouver sans trop de difficultés une place dans notre société». Le foisonnement des réflexions, des ressentis,  les extraits en exergue du journal de Youssef, permet la multiplication des points de vue concernant ce tragique événement.      
    Les discours consacrés aux débats intérieurs de personnages confrontés à une situation impensable, traumatisante, jugée invraisemblable,  renvoient à la complexité psychologique des adolescents, au danger de l’embrigadement, des manipulations, au rôle joué par des médias  voyeurs qui ne se contentent  pas d’informer, mais qui « veulent faire dire ce qui n’existe pas », aux préjugés religieux,  au racisme (« Petits Beurs, mais pas petits beurres. Tout leur problème est là : même Français depuis plusieurs générations,  les étrangers avec leur tronche bronzée et leur nom d’ailleurs demeurent une tache dans le décor »,) à la notion d’engagement avec les cours de littérature sur Sartre, Malraux, Camus, aux relations enseignants/enseignés, à l’amour entre deux adolescents : Wassim souhaite envoyer des fleurs de Damas à Myriam. Avec le départ des deux jeunes collégiens, « tout à coup, cette guerre étrangère et anonyme est entrée dans (le) cœur et dans (les) famille(s) » des membres du collège.   
    Les deux jeunes garçons, encore des enfants,  partis soi-disant pour défendre la Révolution et la liberté,  sont tombés dans les filets d’intégristes, de fanatiques. L’islam de « tolérance  et de paix » comme le décrit Myriam (« Le vrai djihad, (…) c’est de lutter contre soi-même et de se corriger pour tendre vers Dieu le mieux possible. Avoir une vie tournée vers la lumière et offrir cette lumière aux autres »)  devient une dévotion à la haine, à l’intolérance. Je t’enverrai des fleurs de Damas, œuvre littéraire, est un témoignage loin de la caricature souvent donnée des jeunes de banlieues. Wassim et Othmane, adolescents bien éduqués, appartiennent à de bonnes familles, ouvertes, cultivées : « Ni l’un ni l’autre ne font partie d’une famille intégriste. Des parents ouverts aux autres, à toutes les cultures, un islam de tolérance et de paix ».  Aucun indice dans leur comportement ne laissait présager leur départ.  Ils étaient simplement des jeunes sensibles, soucieux de justice et de solidarité. Wassim appartenait à une association caritative, « distribuait des repas aux pauvres les jours de grands froid ». Des prédateurs ont profité de leur générosité, ont retourné leurs valeurs à leur profit, « avec des idées toutes faites et bien emballées. ». Ces  recruteurs fanatiques « envoient des enfants se faire massacrer à la guerre et ils profitent hypocritement du luxe d’un pays en paix. »       
      L’ouvrage de Franck Andriat défend les valeurs humanistes avec émotion, tendresse, lançant parfois des clins d’œil humoristiques (« Othmane et lui étaient potes sans plus, voisins de banc au cours de mathématiques parce que Chafik n’est pas très fort dans cette branche et qu’Othmane lui offrait chambre avec vue sur ses réponse »), tricotant les niveaux de langue des adultes et  des jeunes avec habileté. Un ouvrage  aux personnages  principaux et secondaires attachants, tous dotés d’une épaisseur psychologique,  à lire pour comprendre notre société et notre époque où règnent la violence mais aussi, ce qui est moins vu,  la tolérance,  l’amour et où la religion peut garder tout son sens : « religare », c’est-à-dire « relier ».

09 octobre 2014

Exposition de Jean-Pierre Sergent

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
EXPOSITION JEAN-PIERRE SERGENT > 05 - 09 NOVEMBRE 2014
MONTREUX ART GALLERY 2014
Music & Convention Center | Grande Rue 95 | Montreux | Suisse | Stand A6
Vernissage mercredi 5 novembre : 17.30h-23h
Jeudi 6, samedi 8, dimanche 9 novembre : 10-20h
Vendredi 7 novembre : 11h-23h
Tarif : CHF. 10.-
Invitation au vernissage officiel, mercredi 5 / vernissage des galeries, vendredi 7
> A PROPOS DU MAG
La 10ème édition de Montreux Art Gallery (MAG) vous accueillera du 5 au 9
novembre 2014 au Montreux Music & Convention Center. MAG est devenu le plus
important rendez-vous des aficionados de l'art en Suisse romande. Montreux a
construit sa renommée en alliant son dynamisme économique et culturel à sa
position géographique privilégiée. Mondialement connue pour son festival de jazz et
son festival de musique classique, cette belle ville est au coeur d'une région où l'art
occupe une place privilégiée.
> JEAN-PIERRE SERGENT
Artiste peintre franco-new-yorkais, il vit et travaille aujourd’hui à Besançon. Son
travail est exposé internationalement depuis plus de vingt ans et plusieurs
expositions monographiques lui ont été consacrées récemment : en 2011 au Musée
des Beaux-Arts de Mulhouse, en 2012 à la Ferme Courbet de Flagey (Musée
Courbet), et durant l’été 2013 au Kunstpalais de Badenweiler en Allemagne. Il
présentera, pour cet important dixième anniversaire du MAG, huit peintures sur
Plexiglas de sa nouvelle série des Suites Entropiques réalisées durant l'été 2014,
ainsi qu'une vingtaine de petites oeuvres sur papier de la série : Le désir, la matrice,
la grotte et le lotus blanc.
Ces deux derniers corpus d'oeuvres ont été largement inspirés à l'artiste par sa
lecture attentive et curieuse des Upanishads, ce livre plurimillénaire, et fondateur de
la pensée Hindoue, qui réconcilie le soi avec l'âme universelle. Il y est souvent
question du regard posé par l'homme sur le réel et la création universelle, et de
l'émotion, de la poésie, du désir et des métaphores qu'ils suscitent en nous, êtres
humains :
"Le désir, la matrice, le temps du désir - Celui qui manie le tonnerre Indra, la grotte,
Ha Sa, le vent, le nuage, le roi des cieux - Et de nouveau la grotte, Sa Ka La et
l'illusion : Telle est la sagesse primordiale, qui nous embrasse, Mère de l'immense
univers."
"Des milliers de fois auparavant - J'ai vécu dans la matrice d'une mère - J'ai pris
plaisir à une grande variété de nourritures - Et je fus allaité à tant de seins maternels
- Je naissais, et mourais de nouveau - Et continuellement, je renaissais une nouvelle
fois."
> CONTACTS
MAG : www.mag-swiss.com / info@mag-swiss.com / 0041794463249
ARTISTE : www.j-psergent.com / contact@j-psergent.com / 33(0)673449486
VISUELS PRESSE : Montreux Art Gallery 2014