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09 mars 2014

Franck Courtheoux, un auteur, compositeur, chanteur de génie

Franck Courtheoux, un auteur, compositeur, chanteur de génie.  

(2014)

 

(Par Joëlle Ramage)

 

 

 

 

    image courthéoux.jpgPour parler de l’homme et du musicien, le mieux est de regarder les choses en face : auteur, compositeur, orchestrateur de grand talent, arrangeur, Franck Courtheoux  est partout. Musicien insatiable, la diversité de son parcours d’exception demeure unique. Assurément, il est l’un des plus précieux mélodistes de la dernière décade, en tout cas l’un des plus authentiques, un créateur original et vrai, tant par son répertoire que par son humanité.

    Ses derniers albums « Moan » et « Immersion » donnent un bel aperçu de son éclectisme musical et de son sens de la mélodie. Prenant un bonheur immense à évoquer les nombreux épisodes d'une vie entière placée sous le signe du son, il précise cependant que c’est son enfance douloureuse qui a sans aucun doute été sa première inspiratrice. Les souffrances et le manque auront guidé très tôt son sens émotionnel et initié l’étendue de son répertoire mélodique, né de ses parcours dans les montagnes et dans les chemins chargés de réflexion, dans les pas de son grand-père, poète dans l’âme, aux côtés duquel il apprendra l’ouverture d’esprit, les choses simples de la vie et le sens du partage. Puis c’est à la Brigade des pompiers de Paris, au service des personnes en difficulté, au secours des plus démunis, qu’il effectuera une partie de son parcours professionnel où, selon ses propres termes, il apprendra « le respect de l’Homme et le sens du devoir accompli ». C’est sous une telle bannière d’humanisme  que la vie de Franck Courtheoux se déroule, toute sa création musicale étant empreinte de ce même souffle lumineux et altruiste.

    Techniquement, ce qui ressort de la musique de Franck Courtheoux c’est avant tout son sens inné de la mélodie qui, le rappelait Vladimir Cosma, est comme « le sujet d’un livre ». Il ne devrait pas y avoir de livre sans sujet comme il ne devrait pas y avoir de musique sans mélodie. Franck a compris, au fil du temps et de son travail acharné, que sans la mélodie, la musique n’est qu’une superposition d’improvisations, pièces sans structure, sans colonne vertébrale. Franck sait injecter là où il faut et quand il faut, des influences fortes et solides dans ses mélodies, inégalables dans leur couleur, dans leur tempo, dans leur phrasé, dans leur rythme, dans leur souffle, dans leur atmosphère, qui confèrent une solide armature à l’ensemble de son oeuvre musicale. Il ne faudrait pas passer à côté de la science harmonique de Franck Courtheoux, qui a également compris, par un long travail musical, que le rapport entre la musique et l’image est une science, qui met en symbiose l'information qui nous arrive, celle à laquelle nous sommes sensibles, celle qui nous interpelle, et qui est pour une grande part véhiculée par le son. L’analyse approfondie des rapports entre musique et image nécessite une parfaite compréhension de chacun des éléments séparés : la mise en scène doit être clairement identifiée et la musique doit, comme un gant, habiller cette image, aussi bien en termes de structure que de langage (tonalité, profils mélodiques, orchestration…). Franck Courtheoux sait que les rapports entre musique et image procèdent d’une tension, d’une imprégnation particulière, celle du pouvoir de séduction. C’est ainsi qu’il devine très tôt l’importance évocatrice de la ligne mélodique ou soupçonne l’importance que celle-ci peut avoir dans un film.

     L’un des titres de son album « Immersion »  confirme, s’il en était besoin, ce talent de compositeur capable d’associer judicieusement le son et l’image : l’exemple de son œuvre « Cosmic Rebirth », nous fait en effet vivre une expérience inédite, celle qui pourrait s’apparenter à la naissance d’une étoile sur un fond galactique. L’émotion suscitée par les effets sonores est admirablement rendue par une envoûtante ligne mélodique mise en exergue au clavier, sur une orchestration lyrique, qui apporte à l’imagination et aux sens en éveil, plus qu’une image visuelle : un sentiment diffus, une atmosphère chargée, des émotions profondes, des impressions singulières et étranges:  « le fond grave des percussions inlassablement scandées revient à la charge, comme pour rappeler que l’infini sidéral est bien là, omniprésent, sans imagination, sans surprise, morne et informe comme peut l’être l’éternité galactique. Au milieu de ce tempo infini et épuisant de platitude et de solitude, les percussions subtiles font penser que l’on traverse un champ d’ondes radio reviennent, apportant une espèce de fulgurance ». Globalement, la musique rend compte d'échelles, de vitesses, de températures et de longueurs d'ondes qui ne sont pas familières au commun des mortels. Il y a dans cette musique un véritable support à la visualisation, que rendent très judicieusement les effets spéciaux de la musique de Franck. Ainsi, l’auteur de « Cosmic Rebirth » développe un art, celui de la musique développementaliste qui donnent naissance aux images (avec effets spéciaux, arrangements et modélisations) et chez lui cet art ne s’explique pas tellement c’est beau. Ce pouvoir de créer une émotion indescriptible, par le son, par la phrase musicale, tout en faisant surgir spontanément l’image idoine derrière la mélodie, Franck le possède de deux manières : intuitivement et par la force du travail accompli, et il serait fort opportun que le monde du cinéma ne passe pas à côté de ce talent- là.

 

 

 

 

17:07 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

06 décembre 2013

Cosmic rebirth, In searche of yourself

 

Cosmic rebirth,         In searche of yourself
Musique et chansons de Franck Courtheoux            
(Aimemotion, 2013)


(Par Joëlle Ramage)

 

 

   In_search_of_yourself.jpg Avec  Cosmic rebirth  et In searche of yourself, Franck Courtheoux, auteur,  compositeur, parolier,  plonge une fois de plus l’auditeur dans un univers d’émotions et de rêves.   (http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2013/07/...)

   Quelques notes profondément graves, suivies d’un bel enchainement sur un mode majeur, entonné par  un ensemble symphonique ouvrent Cosmic rebirth,  la musique  au thème galactique de Franck Courthéoux. Des notes aigues consonantes fleurissent de manière disparate sur l’agréable mélodie de fond. Puis, un jeu de percussions prend le relai et un violon solo reprend à son tour la mélodie, limpide et claire. Quelques accords de piano surgissent et soudain un souffle s’élève, ou plutôt un embrasement – initié par les percussions  – qui laisse penser qu’une étoile vient de naître dans le silence sidéral.

    Quelques instants plus tard, on entend un jeu subtil de percussions fines qui donne la sensation de traverser  un champ d’ondes radio ; tandis qu’une batterie régulière sur fond d’accords graves entre en scène, suggérant immédiatement des mondes étranges, des domaines inconcevables,  des profondeurs effrayantes, bref, des espaces où l’Homme n’a pas sa place. Des notes aigues en mode majeur, jouées au clavier électrique, viennent soudain briser ce fond de gravité et apporter une touche légère et plus rassurante, comme si tout à coup un nouvel espace surgissait, moins informe, moins uniforme. Mais, le fond grave des percussions inlassablement scandées revient pourtant à la charge, comme pour rappeler que l’infini sidéral est bien là, omniprésent, sans imagination, sans surprise, morne et informe  comme peut l’être l’éternité galactique.  Au milieu de ce tempo infini et épuisant de platitude et de solitude, les percussions subtiles qui  font penser que l’on traverse un champ d’ondes radio reviennent, apportant une espèce de fulgurance.

Finalement  la fréquence des percussions s’espace, une mélodie heureuse dessinée par une clarinette solo prend le pas comme pour démontrer que la temporalité est là, que l’Homme a tout de même acquis une place dans cet espace sidéral, et que l’enchainement épuisant des espaces galactiques est enfin brisé par un autre rythme, celui de l’Homme.

      In searche of yourself :  Une vague, une note suraigüe sur un rythme allegro, un jeu de percussions fines, sur un rythme souple et régulier, puis à nouveau une note suraigüe  autour de laquelle gravitent des notes légères, aériennes comme du sable jeté en l’air sur la grève.  Et, encore une fois la vague, la note, les perles de sable…dans un processus qui semble infini. Mais soudain, une note fulgurante dans l’aigu vient se poser sur ce jeu de percussions fines au rythme souple et régulier, comme pour rompre cette séquence infinie et monotone. L’auteur nous livre à travers sa composition musicale, le jeu du flux et du reflux des vagues sur la grève.

    Sans nul doute ce jeu du flux et du reflux des vagues pourrait-il s’apparenter à une recherche de soi, séquentielle mais permanente. Car il semblerait que pour se trouver soi-même, pour atteindre sa paix intérieure, l’Homme soit condamné a sans cesse se remettre en question.  Sans fin rejeté sur  la grève de sa pauvre nature – comme le suggère la musique du flux et reflux des vagues – il ne trouverait sa paix et son humanité qu’au prix de souffrances, d’aller et venues entre ses besoins et ses désirs. Franck Courthéoux,  l’auteur de la musique a admirablement mis en adéquation le titre de son œuvre et la mélodie.

 

 

10:41 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

16 juillet 2013

Croire de Jackie Evancho

 

Croire
Jackie Evancho  
Musique et paroles de Matt Evancho    
(2013)

 

(Par Joëlle Ramage et Annie Forest-Abou Mansour)

 

    Jackie Evancho, une fillette d’une dizaine d’années, chante avec grâce, sérieux et maturité, Croire : une prière à Dieu pour que la paix et l’amour règnent sur le monde, que la faim disparaisse. Jackie Evancho souhaite avec une émouvante ferveur que « les larmes de tristesse sèchent » et que « l’espoir surgisse du désespoir ». A la beauté du texte, s’ajoute une voix étonnante.     
   
La mélodie jouée par un orchestre symphonique accompagné de chœurs débute sur un tempo lent. Une chanson suave s’élève au-dessus du timbre des cordes, interprétée par une cantatrice à la voix cristalline de soprano lyrique. La voix  bien posée et travaillée d’une soliste mature s’élève au-dessus de la mélodie et cette voix est celle de Jackie… une enfant de dix ans ! Fait exceptionnel chez un enfant de cet âge, sa  typologie vocale  couvre une large tessiture et aborde aisément le contre ut,  sans  aucune brisure entre les graves et les aigus, ce qui est toujours une gageure chez une chanteuse. Sur un fond de cordes régulier, la voix servie par un délicat vibrato accentué sur les fins de phrases se renforce, au gré de la mélodie, en puissance et en étendue. Cette voix d’enfant est construite sur une esthétique d’homogénéité du timbre et de grande maturité vocale. Un véritable exploit !




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14 juillet 2013

My Destiny, Cielito...

 

My Destiny, Cielito… 
Extrait des CD audio de Guy Crequie    
Gil Conti en concert (2013)

 

(Par Joëlle Ramage)

 

        

   
podcast
    Poète, écrivain, musicien, chanteur, Guy Crequie chante pour la paix et les droits humains. Il propose  toute une gamme variée de musiques et de chansons. Il est intéressant    d’effectuer pour l’amateur une analyse  de son travail musical afin de permettre à ce dernier  de l’apprécier davantage encore.

    La chanson, My Destiny,  par exemple,  débute par quelques accords au clavier  qui montent vers les aigus pour redescendre dans les graves avant d’ouvrir la mélodie. La chanson s’articule pleinement autour de la voix plaintive du ténor qui accuse des vibratos sensibles sur des notes aux commas défaillants et une voix volontairement cassée, accentuant ainsi l’effet de douleur recherché. Le deuxième souffle musical se veut beaucoup plus optimiste, comme en atteste les accords très enthousiastes et pressés du clavier. La voix du chanteur monte en puissance et, c’est dans un accord terminal dans les  aigus, accompagné d’un vibrato très soutenu que s’achève cette œuvre toute en sensibilité.

    Dans Cielito Lindo, l’ouverture mexicaine haute en couleur saturée de petits sifflements et  de cris plaintifs  dans le genre « oh, oh, oh, aïe, aïe, aïe !!! » poussés par une voix volontairement androgyne, ouvre cet air très populaire, sur un rythme à trois temps. Le tempo sage est  bousculé de loin en loin par le jeu  d’un violon solo qui s’anime dans les aigus et  particulièrement dans les notes terminales. Un clavier fixe le tempo de cet air de valse intemporel et joyeux.

   Trois accords symphoniques discrets débutent Because une chanson lente et somptueuse interprétée sur un mode lyrique par un ténor à la voix chaude. Les cordes de l’orchestre symphonique accompagnent dans des lentos très étudiés l’air suave, conférant beaucoup de profondeur à l’ensemble. De manière graduelle la mélodie monte en puissance et la voix du ténor s’affermit dans des vibratos accentués et courts. Puis la mélodie s’engage dans quelques aigus savamment recherchés pour s’épanouir sur une note finale ardente et prolongée. 

    Une note grave et profonde ouvre, Torna a Soriento, une  chanson  aux accents lyriques. Les paroles, interprétées par un ténor à la voix volontairement brisée et aux accents italiens,  sont entrecoupées d’une mélodie douce jouée par un orchestre à cordes ; les accents cassés du chanteur trouvent leur prolongement dans des vibratos longs et ouverts. L’interprétation dans les aigus montre toute l’agilité de la voix du ténor dans une tessiture qui alterne des altos aigus et des basses profondes. C’est sur un beau jeu de violons ponctué de splendides rubatos que s’achève cette œuvre lyrique, bien maitrisée au plan vocal et harmonique,  avec la voix du chanteur clôturant sur une note haut perchée dans les altos.

     La variété des genres musicaux, associée aux qualités vocales de l’artiste tant dans sa virtuosité, son agilité, son timbre que sa vélocité, démontre à l’évidence une très grande maîtrise de la composition et  de l’interprétation musicale.


 

Celles et ceux  qui sont intéressés par les CD de Guy Crequie peuvent  lui  envoyer un message  à :  guy.crequie@wanadoo.fr

 


 

16:24 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

09 juillet 2013

Aimemotion

 

Aimemotion
Musique et chansons de Franck Courtheoux      
(Aimemotion, 2013)

 

(Par Joêlle Ramage pour toute  la partie musicale et technique      
et
 Annie Forest-Abou Mansour)

 

    image aime motion.jpgFranck Courtheoux, auteur compositeur, parolier, musicien, allie  dans ses clips la beauté de sa voix et de sa musique à des messages et des images,  véritables hymnes à la vie, à l’Amour, à la paix. Le Mont Saint Michel devient une île protectrice, éloignée de tous conflits : « Entre les vents et marées de Paris ou d’Alger, on vient te visiter pour la paix », tendue vers les cieux et l’infini. La colombe, symbole de paix, le cierge, symbole de la vie dans le Christ ressuscité, la fillette en partance vers l’avenir, toutes ces images disent la sérénité, la Vie, ce don merveilleux et précieux. Mais c’est surtout sur la richesse musicale que nous devons insister.
    Dans
On l’appelle Michel, la douceur des grupetos introductifs débouche sur une mélodie colorée sublimée par une voix de ténor lascive aux terminaisons douces, sans vibrato excessif. Chaque phrase musicale respire et est ponctuée par une baisse de tonalité. Le phrasé impeccable et nuancé de la mélodie permet d’ancrer les mots du texte. L’étonnante convergence entre l’immense étendue de sable des Monts et la langueur de la mélodie donne un effet de douceur intense à cette délicate chanson.     

     Caminatas Sagradas Mayas  qui propose un voyage musical dans un univers grandiose de pierres et de forêts verdoyantes, habité par de nombreux animaux sereins au regard tendre et innocent, créant une impression de vie exubérante et paisible,  est un sublime hommage au « chemin Sacré des Mayas ». Les quatre notes lascives à la flute de pan suivies de quatre accords consonants très marqués et répétés, introduisent une mélodie douce et apaisée interprétée à la flute, derrière laquelle évolue le  tempo très régulier de la batterie ; l’harmonieux duo entre la flute et une batterie de plus en plus présente semble ne pas vouloir se rompre et on aimerait que la musique s’attarde; mais  très rapidement la mélodie gagne en puissance et la rythmique s’emballe créant un effet d’agitation très sensuel et étourdissant. L’accélération du rythme est cependant brève et l’effet de souffle s’épuise dans un solo de flute régulier. La batterie prend à son tour le relais pour offrir sa prestation soliste, régulière et apaisante. L'’auteur a su, de manière très efficace, mettre en orchestration deux instruments très différents.
    Quant à Immersion,  après le son du flux et reflux de l’océan couvert par la flute de pan qui s’achève sur trois notes aigues, l’orchestre symphonique attaque une mélodie suave et profonde en mode majeur qui s’épanouit sur les trois mêmes notes aiguées de départ, plus effacées. Quelques terminaisons en mode  mineur apportent comme un sentiment de douleur à l’ensemble. Une batterie très régulière vient admirablement casser les effets presque soporifiques de cette mélodie suave ; le vibrato d’un improbable violon  ajoute à l’effet d’intemporalité, effet joliment brisé là aussi par la  rythmique de la batterie qui revient de manière lancinante. Jouant à son tour avec le fond symphonique, un piano égraine quelques notes claires en gamme ascendante et un triangle ajoute sa sonorité cristalline sur un fond de batterie régulière, comme pour extraire l’ensemble d’une certaine torpeur ou d’une certaine immersion. La mélodie s’achève en boucle sur le flux et reflux  lancinant de l’océan.
    Dans Varna, après une introduction sentimentale au clavier avec alternance d’aigus et de graves, le soubassement mélodique en mode mineur confère à la chanson un douloureux sentiment de tristesse, confirmé par les paroles de l’auteur dont les fins de phrase se terminent très souvent sur des accents mineurs. Mais, ô surprise !  ouverts par trois notes aigues, les accents endiablés et enthousiastes d’une danse slave très connue cassent brutalement cet air suave à la profondeur insaisissable, ce qui crée une bienheureuse bouffée de bonheur et de liberté.  Un accord ascendant en mode majeur sur fond de variante musicale de la danse slave termine l’œuvre, apportant la promesse d'une véritable ouverture sur l’espérance.        
    Amateurs de musique et d’esthétique, nous ne pouvons que nous « immerger » dans l’univers gorgé d’émotion de Franck Courtheoux.

 

15:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

06 juillet 2013

Sortie du CD de Guy Créquie

 

Sortie du CD de Guy Créquie
(2013)

 

(Par Joëlle Ramage)

 

    cd guy créquie.jpg Les reprises musicales d’air populaires ne sont pas toujours heureuses. La qualité de l’interprétation du chanteur, Guy Créquie qui est aussi poète,   écrivain   et surtout messager de la culture de la paix,  apporte ici une démonstration inverse. Le professionnalisme dont il fait état dans l'exploitation des airs populaires démontre à l’évidence une vraie maîtrise du sens musical et de la rythmique. L’exemple de l’exploitation des rubatos dans la chanson  Besame Mucho  est proprement impressionnant. De même, le comma volontairement manquant à la fin de certains mots donne  beaucoup de profondeur à la fin de la phrase musicale, comme si on avait envie qu’elle se prolonge à l'infini. Dans cette chanson, le solo des violons apporte une touche de légèreté à une mélodie qui arrache des larmes. Cette version, non académique de  besame mucho  était un risque à prendre et un vrai pari musical; l'artiste a réussi cette gageure pour notre plus grand bonheur. D’une manière générale, on peut constater que le timbre chaud et la voix de ténor du chanteur s’harmonisent parfaitement, comme on peut le percevoir dans la chanson  non ti scordar di me.  Dans cette chanson italienne, les rubatos très bien placés du chanteur sont associés à un vibrato volontairement « chancelant », ce qui ajoute beaucoup de chaleur et de profondeur à la mélodie. On a là un exemple de vraie dextérité en matière d’interprétation de la phrase musicale. En outre, dans  non ti sordar di me  les aigus des solos de violon apportent un effet de contrepoint intéressant. Le chanteur sait admirablement exploiter la régularité du rythme à trois temps, dans la chanson  oh mon amour,  ce qui  confère un effet entraînant à cette mélodie désuète,  le timbre de la voix du chanteur, volontairement marqué et lourd, se veut rassurant sur ce "à toi toujours" et "rien que nous deux". Dans la version de la chanson  pour un baiser, l'introduction dramatique rappelle les opéras classiques, tant par la mélodie que par le thème de l'amour. La voix du chanteur est sublimée par des accents chauds et lyriques qui montent régulièrement en puissance pour mieux s'épanouir dans des rubatos graves et profonds qui confèrent à la voix des inflexions de baryton. Le vibrato discret et grave souligne la dramaturgie de la scène et on a là un agencement subtil et très étudié des paroles et de l'harmonie que soulignent admirablement les cordes de l'orchestre symphonique.

    Ce chanteur lyrique, reconnu dans le monde entier, vaut la peine  non seulement d'être écouté, mais aussi entendu en tant que militant dans les domaines de la paix et de l’amour du prochain. 


 Ci-dessous un extrait de l'un des CD de Guy Crequie (Gil Conti en concert)
podcast

13:36 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

29 avril 2012

Ambroisie

 

Ambroisie
Album de musique électronique en collaboration avec The Ambient Society (2012)
Paroles de Joachim Zemmour      
Interprété par Clara Van Vliet     

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

 

 

Ambroisie image.jpgJoachim Zemmour vient de  créer son premier album de musique électronique Ambroisie, en collaboration avec The Ambient Society.  C’est l’aspect poétique des textes, mis en voix par Clara Van Vliet, une jeune lilloise,  que nous retenons après avoir lu et entendu  ces chansons hybrides, mélange de slam et d’électronica.      
C’est peut-être parce qu’il possède le prénom d’un des poètes de la Pléiade que Joachim Zemmour , jeune virtuose imprégné de culture classique, plonge avec autant de sublimité le lecteur auditeur  dans l’univers  onirique de la Mythologie et de la Beauté, avec ses références à la Diane chasseresse, à l’ « eau du Styx », à « l’ambroisie » . Jouant avec des mots rares, recherchés  et précieux : « Nitescence/ Dans la nuit naissante/Nitescence/ » ou « ô eau du Styx, nectar de Nyx/ Ô haute éther, empyrée d’air »,  jonglant avec les sons, les assonances qui scandent le texte, les hiatus qui créent des ruptures, il emporte  l’auditeur lecteur dans un climat de merveilleux et d’ailleurs, donnant toute une cohérence colorée à ses fantasmes. Dans des odes à une nature irréelle, évanescente,  la chrysalide devient fleur  dans une sorte de mystique de la sensation : « J’ouvre, j’entr’ouvre/Mes ailes bleues-pourprées. », une pécheresse  boit « le filtre d’ivresse/dans ce bois sacré de Grèce »... Par le biais d’un rythme tout en douceur, le narrateur entraîne le lecteur loin du réel qui ne peut être appréhendé  souvent que par le reflet, «  Choir/ Dans l’abîme d’un miroir »,  l’aidant à l’oublier : « Et boire à l’eau du Styx, ou du Léthé./ Mais oublier », malgré toute sa beauté « Mirage d’un miroir/ Mirages de Renoir » avec la référence à Renoir, peintre aux couleurs gourmandes et sensuelles.       
Il existe comme un besoin d’initiation dans la chair même de cette  écriture de la dérive des repères  du temps, de l’espace qui concrétise toute la beauté de l’âme de son créateur.

 

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