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10 avril 2015

La vie en archives d’un petit gars.

La vie en archives d’un petit gars.   
Jean-Louis Riguet       
Editions Dédicaces. (2014)

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

   image petit gars.jpg Dans un récit où le passé s’écrit au présent afin de saisir chaque instant et de lui donner l’acuité de la vie, Jean-Louis Riguet raconte l’existence d’un « petit gars » anonyme,  comme tant d’autres êtres humains, issu d’un milieu modeste  localisé « aux confins du Poitou, de l’Anjou et de la Touraine ». Dans La vie en archives d’un petit gars, Jean-Louis Riguet mêle journal intime, fiction biographique,  roman picaresque, mettant en archives comme l’indique le titre éponyme de nombreuses informations sur la vie de François-Xavier Guery, son double (?).  Ce « petit gars » banal,  parti de rien, tout au long de son existence se forge un destin. Il ne peut que compter sur sa faculté d’adaptation, le hasard des rencontres pour gravir les échelons de la société. Picaro moderne,  après avoir échoué au BEPC, il « puise sa force …) pour rebondir et travailler avec acharnement pour avancer ». Le hasard ou la chance l’introduiront dans le milieu notarial, « milieu (…) plutôt fermé,  réservé aux fils de familles riches ». Grâce à son acharnement au travail, à son sérieux, à sa rigueur,  « à (sa) force, (sa) volonté, (son) désir »,  grâce aussi à des rencontres avec des patrons hors du commun, il devient notaire,  conseiller juridique et fréquente les membres de la haute société, des artistes comme Gérard Lenorman, Pierre Bachelet, Gérard Blanc, Marie-José Nat et même sœur Emmanuelle….  Il aide « des personnages importants du monde patronal français : Monsieur Yvon Gattaz, alors Président, et Monsieur Yvon Chotard, alors Vice Président, du Centre National du Patronat français, le CNPF ». La vie de François-Xavier Guery inscrite dans une époque et des lieux précis  est traversée de nombreux hommes connus, célèbres.

    Jean-Louis Riguet donne à voir les moments difficiles et les moments favorables de la vie de l’enfant et de l’adulte qu’il devient : la rencontre avec un pédophile, le Père Coulax, un musicien,  les premiers émois sexuels, amoureux,  le premier enivrement. Puis la rencontre de la femme aimée, de l’épouse, les voyages, les enfants, la mort de celle qu'il aime, la maladie. Faisant alterner  l’écriture sèche  et plate du biographe objectif, dépourvu de tout lyrisme ou de tout pathos, - qui ne veut pas faire de la littérature avec ce qui n’est que le quotidien d’un être unique mais cependant semblable à des milliers d’autres -   et le style poétique empreint de bouffées d’émotion de l’écrivain, Jean-Louis Riguet effectue le bilan d’une Vie simple mais riche en rebondissements et en péripéties.

     François-Xavier Guery s’implique à la fin de l’ouvrage. Après la troisième personne, la première personne du singulier s’impose dans une lettre et un discours. Le narrateur double de l’auteur, arrivé « au crépuscule de sa vie professionnelle », si ce n’est de sa vie,   veut laisser un souvenir, une trace de son ressenti, de son vécu d’homme à la fois humble et fier d’avoir réussi, (« il n’en reste pas moins un petit gars, simple, modeste, même s’il peut être fier, présomptueux, orgueilleux parfois ».) élargissant son expérience personnelle à celle de l’humaine condition, tirant des leçons, montrant que la vie est une lutte perpétuelle : « Les êtres humains naissent tous, nus, mais certains sont plus habillés que d’autres dès le berceau. Ces différences se ressentent ensuite en permanence, à tout moment, dans n’importe quelle situation. L’énergie à dépenser est plus importante pour ceux qui sont dénudés ». L’espoir domine cet ouvrage original.  La vie est belle malgré ses difficultés. Il faut persévérer, savoir percevoir  le bonheur tellement « fugitif »,  le saisir quand il se présente et : « Ne retenir que les bonnes choses. »

    La vie en archives d’un petit gars, roman d’une vie, emporte le lecteur dans une réflexion émouvante sur le sens de l’existence, du travail, sans trop de sérieux cependant  comme le prouvent de nombreux clins d’œil humoristiques.

19:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci beaucoup, un grand merci pour cette magnifique chronique consacrée à mon livre autobiographique La vie en archives d'un petit gars. J'y suis très sensible.
Amicalement,
Jean-Louis

Écrit par : RIGUET Jean-Louis | 13 avril 2015

Les commentaires sont fermés.