Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26 septembre 2011

Randah, la fille aux cheveux rouges

 

Randah, la fille aux cheveux rouges
André-Marcel Adamek (Editions Mijade, 2011)

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

randah.jpgRandah, la fille aux cheveux rouges, fiction d’André-Marcel Adamek construite à partir de notre lointain passé, est un  ouvrage polymorphe destiné essentiellement aux adolescents. C’est tout à la fois un apologue à la morale implicite et explicite (« Moi, Randah, deuxième reine des Khoubaris, parvenue au terme de son règne, je me réclame d’avoir favorisé la connaissance, l’hospitalité et la paix. Et je prétends que les peuples qui s’écarteront de cette voie sont voués au malheur et à l’anéantissement »), un roman historique, (C’est l’histoire de la vie de Randah, une enfant, puis une jeune fille et une femme de la préhistoire appartenant à une paisible tribu  située « au bord d’une rivière, entouré(e) de collines rocheuses et de sombres forêts ») et un roman picaresque.  En effet, le lecteur suit le parcours de Randah depuis sa naissance. Comme le picaro, personnage romanesque né en Espagne au XVIe siècle, Randah traverse plusieurs régions, observe, apprend les difficiles leçons de la vie, dénonce ce qui se passe, gravit les échelons de la société. Fillette d’une tribu primitive, elle évolue, s’émancipe, acquiert la sagesse,  puis devient reine dans une société où les femmes jouent progressivement un rôle important. Les femmes sont les forces de la vie, nourricières (« Un enfant pendu à chacun de mes seins, je dispensais sans faiblir un lait gras et généreux aux deux marmots qui en redemandaient sans cesse ») et protectrices, les maîtresses du foyer, les relais permettant l’accès au monde moderne.
Dans cet ouvrage plein de poésie, André-Marcel Adamek tient le rôle d’un historien qui dessine l’avenir dans les linéaments du passé : il montre la solidarité,  la communion possibles entre les peuples dans les moments tragiques de la vie (« Il arriva alors un drame qui devait, dans l’adversité et l’horreur, réunir nos deux peuples en un même combat »), il annonce la malédiction de l’or : « qu’est-ce que l’or ? lui demandai-je. Un métal jaune et brillant qui conduira un jour tous les peuples du monde à leur perte ».
Voyage  dans le temps, le livre d’André-Marcel Adamek embarque le lecteur dans son propre passé, lui permettant  d’imaginer ses lointains ancêtres pour qui l’essentiel était de se nourrir et de lutter contre les  prédateurs et les  intempéries,  mais qui ressentaient aussi déjà la nécessité de l’art en commençant à pratiquer la  musique, la sculpture. Didactique sans prétention,  Randah, la fille aux cheveux rouges, donne à vivre  un néolithique atemporel, présent dans le lexique (« Randah Liké Nahoma, ce qui signifie en notre langage fille aux cheveux rouges »),  les images, les expressions  locales  (… notre village construit de bois et de torchis à cinq jets de pierres de notre caverne mortuaire », « (Il) s’était battu comme un ours »). Il montre comment l’homme pourvoyait à ses besoins, comment il s’est affranchi de la nature en cuisant les aliments, en plantant du « bleh », en pratiquant l’exogamie et s’est éloigné progressivement de sa primarité. Cependant ce peuple libre attiré par « Athlana »,  cet ailleurs au climat plus doux  qui le fait rêver, va se heurter à une société plus « évoluée » : « (…) leur chef s’avança sur le sable humide. Ses jambes, ses bras et sa poitrine étaient cuirassés d’étranges plaques dorées. Il portait un casque surmonté d’un cimier écarlate et l’arme qu’il tenait à la main, longue et effilée, n’était ni de pierre, ni de chêne, ni d’aucune matière que nous connaissions ». Et,  la civilisation, le progrès vont semer la violence et la mort.
L’ouvrage Randah, la fille aux cheveux rouges non seulement fait vivre le lecteur pendant deux cents pages avec ses lointains ancêtres mais il favorise aussi sa  réflexion sur l’évolution de l’homme,  la notion de progrès et sur la Vie en général.

25 septembre 2011

ESPACE TEMPORAIRE - Art contemporain

murignieux.JPG

11 septembre 2011

Le Fort de mer, Walter Vogt.

 

Le Fort de mer
Walter Vogt
Traduit de l’allemand par François Conod
Bernard Campiche Editeur (2011)

(Par Annie Forest Abou-Mansour)

 

image le fort de mer.gifComme il s’ « étai(t) égaré dans une zone interdite », le narrateur de l’ouvrage posthume de Walter Vogt, Le Fort de mer, « un touriste inattentif », - l’inattention est son unique faute - « (a) été arrêté et transféré au fort sur la côte ». Puis « à l’aube du neuvième jour, » comme l’explique le bref préambule, « (il a) été pendu dans la cour carrée du fort ». Alors que Shérazade, dans Les Mille et une nuit, parle pour éviter la mort, le narrateur raconte, chaque nuit à un soldat différent,  son histoire pour mourir ! : « Selon la tradition de la forteresse, chaque membre de la garnison avait droit à une soirée avec le prisonnier. Le détenu devait, selon la tradition, raconter à son auditeur et gardien une histoire (…) C’était un peu comme dans les Mille et une nuits  - sauf qu’au bout de huit nuits, correspondant aux huit grades, aux huit membres de la garnison, c’était fini, le neuvième jour, l’intrus était pendu. ». Les pendaisons constituent une  distraction  pour les soldats enfermés,  tout   comme le narrateur,  dans ce fort, espèce de métaphore du destin, de l’irrémédiable,  auquel il est impossible d’échapper. La mort omniprésente  qui  hante  les pages de Fort de mer,   écrit juste avant le décès  de l’auteur, n’est elle pas une mise en  miroir de la sienne ?

Cette chronique d’une mort annoncée est avant tout « l’aventure d’une écriture » selon l’expression  de Jean Ricardou. En effet, avec cet ouvrage déroutant et original, nous sommes très loin du roman classique du XIXe siècle doté d’un sens, dont l’intrigue évolue dans un monde compréhensible, rempli de certitudes. Avec Walter Vogt,  nous sommes dans un univers déraisonnable, insaisissable, aux règles peu compréhensibles. Les êtres se heurtent à lui, comme ils se heurtent aux autres, aux objets : « …puis soudain ce fut comme (…) si quelqu’un, comme si quelque chose, comme si tout s’était ligué contre moi, les objets dans toute leur perversité, ou les sujets dans toutes leur perfidie, leur insensibilité, leurs intrigues… ». Plurielle, complexe, l’intrigue n’est pas linéaire. Présent et passé alternent et s’imbriquent. Monologues intérieurs et extérieurs se mêlent. Des flux de conscience s’entrecroisent, s’observent, s’analysent, se disent, rendant parfois compliquée l’identification du narrateur. Nous ne sommes plus vraiment dans une analyse psychologique mais dans une analyse existentielle qui sonde le (ou les) narrateur(s), mais aussi l’être humain en général en évoquant  la vie, la mort, l’ennui,  l’armée, l’homosexualité, l’écriture, la littérature, le cinéma… La ligne de démarcation entre le réel et la fiction se brouille. L’action se situe dans un univers vague et flou,  une  Suisse à proximité de la mer !  L’angoisse due à l’incompréhension du monde environnant, à l’existence de la mort,  s’absorbe souvent dans un humour corrosif.  Espace polyphonique d’une grande richesse intertextuel, (la danse des deux éphèbes est une réécriture de Salomé dansant, dans la Bible), poétique (« lors d’une pendaison la conscience trépasse dans une orgie de sons et de couleurs, comme un vrombissement d’orgue quand tous les registres sont tirés. ») Le Fort de mer,  texte original,  doté d’un fort esprit critique, est d’une grande modernité et d’une grande richesse. Un non  germaniste  peut juste regretter de ne pas lire cet ouvrage dans sa version originale. Même exemplaire et brillante, toute  traduction est toujours une trahison.

09 septembre 2011

La 8e biennale d'Art Sacré Actuel

 

 La 8ème Biennale d’Art Sacré Actuel (BASA) se déroulera du 23 septembre au 19 décembre 2011 

Pour la première fois des expositions s’installent hors les murs.

 

baza.JPGL’Ecole La MACHE est le premier des trois lieux d’exposition hors Les Murs 

Elle  accueillera 10-15 œuvres originales d’artistes  du 26 septembre au 4 octobre 2011.

L’inauguration a lieu le mardi 27 septembre à 18h à l’école.

 

L’Ecole La Mache  sera  heureuse  de vous accueillir pour cet évènement d’exception.

 

Merci de confirmer votre présence à brigitte.morat@ecolelamache.org

 

 

Vous pouvez visiter l’exposition en dehors de ce temps fort du 26 septembre au 4 octobre 2011

Le lundi de 11h30 à 18h

Les mardis et jeudis de 9h à13h et de 14h à 19h15

Le vendredi de 9h à 13 h

Contact mail  : martine.debeuret@ecolelamache.org

Tel : Martine Debeuret : 04.72.78.52.32

 

Vous pouvez  trouver toutes les informations sur le site de Confluences Polycarpe : www.confluences-polycarpe.org