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31 octobre 2011

L'art à la rencontre de la mémoire

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30 octobre 2011

Soirée poétique et oeuvre picturale de Valentine Brun

Le jeudi 1er décembre, à 19 h 30

venez découvrir une artiste peintre et peut-être gagner un de ses tableaux lors d'une soirée poétique à partir de son œuvre picturale animée par

Emma Bornibus et Malène Daquin.

Seules 20 places sont disponibles au vu de l’espace disponible dans l’appartement-atelier de l’artiste, 30 rue du Bon Pasteur, 69004 Lyon.

Il est donc nécessaire de réserver avant, au plus tard le lundi 28 novembreauprès de Valentine Brun.

             09 50 57 31 12 – 06 60 92 79 90Email  brun.vale@free.fr 

Cette soirée poétique vous offre la possibilité d’acquérir à un prix promotionnel un tableau que vous pourrez choisir tranquillement sur la page :http://www.valentine-brun.weonea.com/page/40291

Les tableaux de cette page sont vendus avec facilités de paiement. 

Le prix de la soirée est de 12 euros. Le billet acheté sur place portera votre nom et vous pourrez repartir lors du tirage au sort à la fin de la soirée avec une œuvre que vous choisirez parmi les tableaux restant disponibles sur la vingtaine proposée.

 

 


 

29 octobre 2011

Tunsie, une révolution arabe

 

Tunisie, une révolution arabe.
Pierre Puchot
Edition Galaade (2011)

 

 

 

(Par Elias Abou-Mansour)

 

 

 

Puchot-TUNISIE-72dpi.jpgPierre Puchot, journaliste à Médiapart, a suivi de près les événements tunisiens. Dans Tunisie, une révolution arabe,  il relate l’histoire de la révolution pacifique tunisienne à travers une série d’articles, de reportages et d’enquêtes. En effet,   Tunisie, une révolution arabe est un recueil d’articles, classés chronologiquement,  sur la Tunisie en effervescence.  Pierre Puchot scrute en profondeur la mutation de cette société. Et, en fin connaisseur du monde arabe, il décrit la lutte du peuple tunisien pour la liberté, l’insoumission des partis, des syndicats et du citoyen à la terreur. Il décrit l’histoire de l’engagement des Tunisiens et leurs souffrances. Tunisie, une révolution arabe est une reconnaissance de la lutte du peuple tunisien. Ce livre rend hommage à ce peuple qui réclame la dignité, la justice, la liberté, la démocratie et les droits fondamentaux : « ce peuple digne réclame justice, liberté et démocratie. Et, il ne veut pas que sa révolution soit confisquée ». L’auteur analyse, avec précision, comment l’édifice du pouvoir s’est lézardé : la détermination du peuple a fait chanceler le régime. L’armée, négligée par le pouvoir,  a protégé le peuple qui a détrôné le monarque absolu, Ben Ali. Mais le vide institutionnel menaçait la société tunisienne. En effet, toute alternative était absente. Comme le montre le journaliste, aucun parti n’émergeait : « Toutes les familles politiques, la gauche, les islamistes, les nationalistes arabes, les libéraux ou les salafistes ont été touchés par la répression ». La seule force d’opposition crédible sur la scène politique était l’UGTT (l’Union Générale Tunisienne de Travail). Beaucoup de Tunisiens regardaient ce  syndicat comme leur représentant légal. L’UGTT serait-elle un « nouveau solidarnosc » ?

 

La révolution tunisienne a secoué les consciences des peuples du Maghreb et du Machreq. Le souffle de la  liberté a galvanisé les Egyptiens qui ont repris les slogans tunisiens : « Moubarak dégage », « Liberté », « dignité ». Les peuples arabes essaient de se frayer un chemin vers la liberté. L’élément déclencheur de leur colère est l’humiliation. Cette humiliation est le moteur du cataclysme social. Les Arabes se sont révoltés pour la dignité, la liberté, la démocratie. Ils rêvent d’un projet politique qui invente la modernité, la démocratie et la prospérité. Tunisie, une révolution arabe est un livre instructif, richement documenté. Pierre Puchot, journaliste chevronné, fin connaisseur du Proche-Orient, a mené des enquêtes approfondies, trouvant toujours le mot juste et percutant.

 


Mais le lecteur peut rester perplexe et se poser de multiples questions. Faut-il ostraciser le parti islamique, Ennahda (la Renaissance) ? Peut- on comparer Ennahda à la démocratie chrétienne ? Avec Ennahda, le statut de la femme subira-t-il une régression ? Le printemps arabe évoluera-t-il en automne ?  Le lecteur ne peut que faire confiance à la maturité du peuple tunisien.

 

 

 

08 octobre 2011

Les Hommes libres d'Ismaël Ferroukhi

 

Les Hommes libres.
Film français d'Ismaël Ferroukhi avec Tahar Rahim,  Michaël Lonsdale, Mahmoud Shalaby. (2011)

 

(Par Elias Abou-Mansour)

 

 

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Dans le film, Les hommes libres, Ismaël Ferroukhi réunit les deux communautés religieuses juive et musulmane considérées par beaucoup comme inconciliables et détruit ainsi de nombreux préjugés et clichés. Alors que le cinéma américain a diabolisé l’image de l’arabo-musulman, ce réalisateur présente ce dernier comme un homme juste ( tsadik en Hébreu, sadiq en arabe). Le film fondé sur des événements historiques réels, des faits véridiques, présente une belle histoire de solidarité. L’immigré maghrébin, souvent considéré comme le fossoyeur de la République, est dans le film un Résistant participant activement à la libération de la France occupée. Le film, Les Hommes libres, rend hommage aux immigrés maghrébins sous l’occupation nazie. Ismaël Ferroukhi montre le rôle joué par les Maghrébins dans la Résistance. Son film, à l’instar de celui de Rachid Bouchareb, Indigènes,  exhume de la Seconde Guerre mondiale, une mémoire musulmane refoulée et méconnue et clame sa reconnaissance. En effet, sous l’occupation nazie, le recteur de la Mosquée de Paris,  joué par Michaël Lonsdale, et des musulmans maghrébins se sont mobilisés pour arracher des Juifs des griffes de la Gestapo.

Les Hommes libres décrit  la vie des immigrés maghrébins sous l’occupation. Il brosse un tableau de leur situation misérable dans la France de Vichy, évoque le marché noir, les arrestations, les rafles, la collaboration. Younés, le personnage principal, emmène le spectateur vers une cour intérieure où sont rassemblés des immigrés arabes démunis et marginalisés. Mais ces hommes côtoient des ouvriers français, militent dans des syndicats et participent à la Résistance.  Ils se forgent donc une conscience prolétarienne. C’est le cas d’Ali, le cousin de Younès, membre actif dans la Résistance qui acquiert une conscience nationale et se révèle être un nationaliste algérien qui pense à l’après guerre et à l’indépendance de son pays.

Toutefois le thème principal du film est la Shoah. Il présente  le Recteur de la Mosquée, Ben Ghabrit,  qui était un humaniste  raffiné, cultivé. Mystique,  épris d’art et de musique, il sauva Salim Halali, un chanteur juif sépharade ainsi que des Juifs traqués par les nazis et la police de Vichy. Une séquence émouvante symbolise de façon magnifique  la solidarité des Musulmans à l’égard des Juifs lorsque l’imam interrompt la prière pour demander aux fidèles de quitter la Mosquée et de se diriger vers la sortie afin que Younès et une fillette juive poursuivis par la Gestapo se fondent dans la masse des croyants et s’enfuient.

Ce film attachant est un message de paix, d’humanité et de générosité. Ismaël Ferroukhi bouscule les clichés et fait tomber les tabous. Sa fiction fondée sur le réel est un jalon vers la paix.

Nous voulons ajouter que la civilisation arabe a connu, jadis, une coexistence pacifique entre les trois communautés juive, chrétienne et musulmane. Et quand Salim Halali chante la musique andalouse (al mouachahat al an’daloussyat en arabe), il fait renaître cette harmonie intercommunautaire d’autrefois. La  mutation de la conception de l’arabo- musulman présentée par Ismaël Ferroukhi coïncide avec les Printemps arabes. Nous pouvons déduire que le monde n’a pas encore sondé la force et la profondeur de ces printemps.

18:16 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0)

06 octobre 2011

Coups de pilon

 

Coups de pilon 

David DIOP

Edition Présence Africaine (2002)

 

(Par Joëlle Ramage)

 

genere-miniature.aspx.gifCe n’est pas un livre récent mais un livre puissant, puisqu’il s’agit de l’unique recueil poétique d’un homme qui a voulu pousser, à travers ses écrits,à la fois un cri de révolte contre le colonialisme et contre ses méfaits multiples (violence, assimilation, abâtardissement, aliénation, etc.) et une revendication du droit à la différence, à la « reconnaissance » par l’Autre. Professeur de Lettres, David Diop - décédé trop jeune, à 43 ans, dans un avion qui se crashe au large du Sénagal – est en effet un poète engagé qui a mis son talent pour la poésie au service de la lutte anticolonialiste et de la libération des peuples africains. Ainsi, il a su être mordant pour ceux des Africains qu’il considérait comme des valets du colonialisme : "Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite, sur les yeux rendus bleus par la parole du maître, mon pauvre frère au smoking à revers de soie". Par sa poésie, sa passion, son engagement, la fougue de la jeunesse, les appels à retrouver la dignité perdue, David Diop a profondément marqué son époque.

 

Douter, souffrir, haïr mais aussi être certain de l’avenir, espérer, aimer son prochain et pousser son frère à retrouver son identité, à recouvrer son moi, à agir, à dire non quand il le faut, à arracher sa liberté à l’Autre, voilà le rôle du poète tel que le montre sa poésie. David Diop est de cette race de poète engagé au sens double du terme : sa poésie met en scène ses convictions politiques et intellectuelles. En témoigne ce qu’il a déclaré à propos du régime colonial : celui-ci « reposant sur l’exploitation économique et la falsification historique », a toujours donné la priorité à ses valeurs : « Hypocrisie donc que de parler de symbiose de civilisations, de profits réciproques dans une communauté dont les universités ignorent jusqu’aux noms de nos grands penseurs et passent sous silence l’histoire de nos empires. Seuls peuvent s’en accommoder les tenants d’un cosmopolitisme culturel habillé d’oripeaux exotiques ».

David Diop doit également beaucoup à Aimé Césaire. Il lui doit jusqu’à la manière de percevoir le concept de civilisation lié à l’idée de progrès économique et scientifique et de développement. Etant pour l’auteur un instrument de combat, la poésie sert donc non seulement à expliquer l’origine du déchaînement des haines et des violences entre les races noire et blanche mais aussi à fustiger toutes les formes d’injustice perpétrées dans le monde.

La parole de David Diop témoigne de ce lieu admirable, difficile et tellement rare qui réunit la savante maîtrise du verbe et l’incroyable profondeur de l’émotion. L’écrivain savait l'Afrique par coeur, au plus profond d'elle-même, en ses sources vives, en son peuple, c'est-à-dire en sa vérité. Il la connaissait en sa fragilité et en ses caricatures, avatars d'une Afrique vendue et exploitée aux marchés de l'Histoire.

 

Il n’est que de se souvenir de l’un de ses plus précieux poème : « Afrique mon Afrique » :

 

 

Afrique

Afrique mon Afrique

Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales

Afrique que chante ma grand-mère

Au bord de son fleuve lointain

Je ne t`ai jamais connue

Mais mon regard est plein de ton sang

Ton beau sang noir à travers les champs répandu

Le sang de ta sueur

La sueur de ton travail

Le travail de l'esclavage

L`esclavage de tes enfants

Afrique dis-moi Afrique

Est-ce donc toi ce dos qui se courbe

Et se couche sous le poids de l'humilité

Ce dos tremblant à zébrures rouges

Qui dit oui au fouet sur les routes de midi

Alors gravement une voix me répondit

Fils impétueux cet arbre robuste et jeune

Cet arbre là-bas

Splendidement seul au milieu des fleurs

Blanches et fanées

C`est L'Afrique ton Afrique qui repousse

Qui repousse patiemment obstinément

Et dont les fruits ont peu à peu

L’amère saveur de la liberté.

18:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (3)