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26 juin 2012

Acacia thorn in my heart

 

Acacia thorn in my heart  
Neela Govender 
Gaspard Nocturne (2006)

 

 

 

(Par MIreille Bourjas)

 



 

   Acacia.jpg Avec son premier romanune autofiction,Acacia thorn in my heart , Neela Govender se penche sur le  passé d’une petite fille indienne, née et vivant en Afrique du sud. Avec des mots et un style simples, elle nous fait revivre page après page,  l’enfance et l’adolescence de cette fillette pauvre à travers le personnage de Leila.

Née dans le natal, région d’Afrique du Sud, dans une famille nombreuse ayant peu de revenus, Leila put, grâce à sa mère, poursuivre des études. Son père était cultivateur sur des terres appartenant à un Blanc. Bon fermier, bon père, bon mari, il apparaît toutefois bien falot, comparé à la mère. Cette dernière, mariée à 15 ans, femme de caractère et de traditions, mène sa maisonnée d’une main de fer. Elle sait lire et écrire, ce qui est peu fréquent dans ce milieu, mais surtout, elle fait le maximum pour que ses enfants aient une solide éducation et aillent à l’école. « Mother was very particular about cleanliness and the Hindu religion ». L’auteure aurait pu ajouter, l’école, car la maman est très ferme sur la propreté, la religion hindoue et l’école : .” She tried to preserve the little knowledge she had acquired at school by telling us all that she had learnt.”

     L’école est au centre de la vie de la petite héroïne. Elle lui permet de sortir de chez elle, d’éviter les travaux des champs, de rencontrer des amis, de lire  et de voir le monde sous un autre jour. L’école rythme la vie de la famille, permet de rêver à une vie meilleure, d’assouvir certaines ambitions, de connaître une autre culture, une autre religion, ici la religion chrétienne. Elevés dans la religion hindouiste de leurs ancêtres, pratiquant tous les rites et cérémonies qui s’y rattachent, ils en viennent, dans leurs prières, à s’adresser aussi à Jésus-Christ. « Doubtful thoughts began to creep into my mind. Who was the real god ? What happens to us when we die? Can God know and see everything we do? Are Arjuna and the Christian God the same?”

     Après les premières menstrues et leurs rites qui s’étalent sur quinze jours « I sat in my little corner and felt like a pariah », nous assistons aux premiers émois de l’héroïne, les premiers “boy-friends“, les gronderies de la maman à ce sujet, les premiers attouchements, la passivité, la peur, la colère aussi, puis la prise de distance lorsque Govindama, une amie de classe,  disparaît.

    Certains personnages et scènes de la vie familiale sont très couleur locale et exotiques : les oncles, en particulier Thatha, sa barbe blanche et sa moustache, son refus d’apprendre l’anglais…

     Les évènements de 1948, les émeutes de Durban ne sont évoquées qu’en peu de  phrases : « The year 1948 was the time when the riots took place in Durban. » De même pour la visite du roi d’Angleterre, puis pour son décès et l’accession au trône d’Elisabeth II. Nous sommes dans le monde indien surtout, un monde fermé, replié sur lui-même, sur ses valeurs, sa culture et sa religion. Tout le reste n’arrive que par bribes ou atténué, dans ce monde clos.

     Avec la communauté noire, aucun dialogue n’existe, car tout est obstacle. Les Noirs travaillant dans les champs ont leur dialecte, incompréhensible pour des Indiens. Les deux communautés vivent complètement séparées, ce qui n’empêche pas, Leila, notre héroïne, de rêver au prince charmant, en contemplant un garçon vacher : « He was my prince charming…He was Sir Lancelot that the lady of Shallot spied through the mirror. But when he spoke, i twas in Zulu. »

     Ce livre devrait plaire à de jeunes collégiens et lycéens. Il pourrait leur montrer le courage et la persévérance de nombreux enfants de pays en difficultés, qui vont à l’école malgré de longues distances, de grandes privations de la part de toute la famille et qui étudient dans des conditions plus que précaires. Acacia thorn in my heart  est une vraie leçon de courage !

 

 

 

 

 

20:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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