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26 février 2015

Bleu

Bleu
Nouvelles
Corinne Colmant    
Editions unicité (1er trimestre 2015)

 

(Préface  rédigée par Annie Forest-Abou Mansour)


  image bleu.jpg  Après son très beau roman, Ni du voyage, ni du paysage *, qui embarquait le lecteur dans l’aventure magique d’une écriture, Corinne Colmant nous propose un recueil de vingt-deux nouvelles au titre polysémique : Bleu, la couleur éclatante de la peinture d’Eduardo, de la mer turquoise et des volets bleus des maisons méditerranéennes, mais aussi celle des hématomes psychiques et physiques qu’assène la vie, et que l'on retrouve dans ces nouvelles, à la fois légères et sérieuses, fondées sur des anecdotes aux personnages souvent fragiles.

Folie et absurde se côtoient dans ces histoires au sens profond... Ainsi, la jalousie d'Anita dans Casa Amerilla, et la culpabilité intériorisée, dans Journal d’une jeune fille, d'une adolescente, victime de harcèlement sexuel, qui l’empêche d'en parler. Dans Blues du fonctionnaire, les difficultés professionnelles qu'Adèle, professeur de lettres, rencontre dans son lycée, vont la faire plonger dans la folie, folie qui poussera aussi au suicide le narrateur de Poisson.

Corinne Colmant montre les petits riens de l'existence, importants pour ceux qui les vivent : «Les poireaux sont un peu coriaces, et j’ai plus mes dents» et fixe des instantanés de vies modestes, des souffrances intimes, quand les hommes ne sont pas toujours bienveillants pour celles qu’ils ont aimées, ou quand, par exemple, dans La Mérule pleureuse, ilsconçoivent la femme comme un être visqueux et collant... L'auteure évoque l'ambivalence du rapport à l'Autre, dans les couples, et parfois, comme dans Mariage, une sexualité féminine morne et subie, dont elle parle ici avec humour : «Je n’ai connu l’amour que prise en sandwich entre un oreiller rebondi et la gymnastique appliquée de mon mari».

Corinne Colmant mêle vie réelle et vie fantasmée où guette toujours l’imprévisible, et elle provoque des effets de surprise avec des chutes cocasses ou pathétiques. En quelques pages, elle évoque les difficultés du quotidien, l’étrangeté de la vie, la beauté de lieux lointains, faisant surgir avec poésie des sensations visuelles : «Ce fut un éblouissement : le ciel était pommelé de nuages roses, et la lune suspendue comme un gros ballon mauve, au-dessus des toits rougeoyants».

 Elle nous montre aussi des espaces clos, à la beauté gâtée et mortifère, comme ce salon, «d’un kitsch écœurant, avec des dentelles qui se répandent comme de la Chantilly sur une tarte moisie !». En arrachant des histoires à la banalité, la romancière sait créer des émotions au cœur d'un monde onirique.

 

* http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2014/07/07/ni-du-voyage-ni-du-paysage-5406582.html

 

19:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21 février 2015

Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles.

Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles.        
Yves Tenret      
Noire/La Différence    
Editions de la différence (mars 2015)

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

    image caille.jpgMars 2015 : les Editions de la Différence,  maison d’éditions connue et reconnue, originale, ouverte à tous les talents,  innove une fois de plus avec,  cette fois,  une nouvelle collection,  « Noire/La Différence », donnant ainsi naissance à ses premiers polars. Le roman policier s’installe parmi  des œuvres artistiques,  romanesques, poétiques, des essais… d’artistes français et étrangers, souvent novateurs, singuliers comme Tom Lanoye *, Jean Peyrol **... Un nouveau genre, un nouveau style sont  proposés aux lecteurs. Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles appartient à ces nouveautés.

    Dans Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles,  Yves Tenret promène le lecteur dans le  XIIIe  arrondissement de Paris,  la Butte-aux-Cailles, nom correspondant  très bien à un titre de polar. Le personnage principal,  Walter Milkonian, professeur au « lycée Louis de Cazenave, place Rungis »,  qui  arrivait régulièrement ivre en cours,  est « mis d’office à la retraite » par son directeur.  « Devenu ignoble », ayant passé « quasiment six mois sans dessouler », il est aussi congédié  par sa compagne,  mère de ses enfants. Il se réfugie donc chez César, « un arnaqueur professionnel ». C’est alors que brusquement  des questions se posent à lui suite à la mort d’un certain nombre de ses amis (« Et oui, en six mois, non seulement Walter avait perdu son emploi, son logement et vu sa vie affective jetée au rebut, il avait en plus perdu quatre de ses plus vieux potes, tous nettement plus jeunes que lui. Shit ! Il flippait à mort ».) et à un massacre  dans un salon de massage du quartier : « six personnes ont été assassinées dans un salon de massage ». Le trait d’union entre tous ces morts est César toujours présent sur les lieux des tragédies. Qui est donc réellement César ? Que manigance-t-il ?

    Tous les ingrédients du roman policier « traditionnel » pimentent l’ouvrage d’Yves Tenret : la violence, les crimes, (« Il y a eu du rififi au salon de la Fleur de Prunier. Ça a saigné. Les bourres ont trouvé  au moins une demi-douzaine de corps (…) »), le suspens, le racisme généralisateur, incapable de différencier,  entre autres, entre  Machrek et Maghreb, (« Libanais, marocain, tunisien, algérien, c’est du pareil au même. Ils parlent la même langue et ils s’entendent comme larrons en foire ».), le sexe et bien sûr un lexique familier, populaire. Mais une pincée  supplémentaire d’originalité inscrit l’ouvrage  dans la nouveauté. Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles se situe à la limite de la parodie du roman policier avec sa chute qui interpelle le lecteur,  (« Bordel de Dieu, ça allait être terriblement difficile de lui vendre cette histoire, à elle, aux autres, à vous et à n’importe qui, non ? »), son enquêteur atypique,  imparfait,  un sinistre alcoolique, loin du fin limier infaillible traditionnel.  Par moment Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles  devient même un roman épique avec des amplifications humoristiques, des descriptions hyperboliques. En outre, ce n’est plus la recherche du suspect qui intéresse, c’est désormais  d’arriver à comprendre  ce qui se passe dans les salons de massage chinois,  le rôle joué par César dans tous les drames,   les liens existant entre lui, les victimes, les truands, la police. Walter « désir ( e ) comprendre dans quelle merde le Gros e (st) allé se vautrer ».


    Le roman trouve ses thèmes dans les problèmes sociaux, historiques (l’histoire de l’immigration chinoise), politiques, contemporains. Il fait référence à la canicule de 2003 et à « l’incroyable épidémie de décès » l’accompagnant, à la corruption,  à la prostitution clandestine, à « la réussite économique de l’immigration asiatique »…  Les personnages, des anti-héros grossiers, répugnants, ridicules, bien typés,  usent d’un langage vulgaire.  La destruction de leur  syntaxe, la gravelure  du lexique, concrétisent leur caractère  marginal et souvent asocial. Yves Tenret raconte  une histoire contemporaine  et fait parler ses protagonistes en termes réalistes, crus.  Les grossièretés glissées dans les dialogues signalent au lecteur qu’il est dans un polar, mais  disent aussi le désir du narrateur de faire voler en l’éclat l’écriture classique, « littéraire » et d’inscrire son roman dans une époque qui se délite, se vide de ses valeurs, sombre dans la dépression : « les gens n’avaient plus envie de vivre ni la force de se défoncer aux antidépresseurs, et la mort était pour eux un soulagement ».  L’écriture, comme la vie donnée à voir,  ne fait pas rêver. Toutes deux se vivent comme une perte d’équilibre, une menace. Le lecteur déambule davantage dans la répulsion que dans l’attraction. L’évolution des personnages dans des lieux et des décors  dégradés, putrides, (« … des lustres en forme de grotesque lampe de chevet diffusaient une lumière jaunasse, pisseuse, dégoulinante »), plonge le lecteur dans un monde médiocre, corrompu et  entraîne une critique sociale caricaturale,  relativement éloignée de la fiction documentaire. Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles   est avant tout un ouvrage descriptif, ludique, l’aventure d’une écriture souvent fantasque.

   En effet,  Yves Tenret joue avec le langage, multiplie les énumérations, les répétitions dans d’amples phrases. Les objets s’accumulent dans l’appartement de César, victime semble-t-il du syndrome de Diogène,  il «   entassait dans tous les coins, des tubes de chips vides, des boîtes d’œufs vides, des pots de yaourt vides, des bouchons en plastique de toutes les tailles et de toutes les couleurs, cinquante sortes de papier d’emballage, des élastiques, des rouleaux de ficelle et mille autres saletés au statut indéterminé dont des boîtes vides de Remergon Sol’Tab et de Carbosylane, des boîtes vides de Lexotan 6 mg (….) ». Le narrateur use de  phrases accumulatives créant un effet d’amplification que ce soit pour les décors, les portraits physiques ou moraux précis des personnages.

   De surcroît, le mélange des niveaux de langue, des styles direct, indirect  libre, le récit et le discours  tricotant la langue des personnages et celle du narrateur appellent l’attention. Des expressions et termes familiers, argotiques, vulgaires ( « tirer des coup en loucedé derrière le dos de sa touffe », « sucer la bite », « Noiches ») renvoient à des univers marginaux,  équivoques, malfamés, créant une illusion de réel tout en  permettant au lecteur de s’acoquiner au monde du milieu. Le langage parfois recherché, les clins d’œil culturels avec par exemple la référence  implicite à Baudelaire et à Verlaine (« C’était la haine qui créait un lien entre ces loosers et ces saturniens englués dans leur spleen (…) »),  à Frida Kahlo, procédés ironiques et humoristiques glissés dans le récit,  mettent  davantage en valeur la médiocrité des personnages et signalent le recul narratif de l’écrivain.

    La forme quelque peu  dévoyée du roman policier traditionnel s’inscrivant dans un soupçon de surenchère révèle avant tout l’aspect nouveau, humoristique  et ludique de Coup de chaud à la Butte-aux-Cailles 

 

 

*http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2014/09/...

**http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2014/09/...

14:33 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

01 février 2015

Cristal noir

Cristal noir        
Michelle Tourneur      
Fayard Roman (2015)

 

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

    image cristal noir.jpgCristal noir, le  titre esthétique, raffiné  du dernier roman de Michelle Tourneur est à lui seul déjà toute une histoire qui plonge le lecteur dans le mystère, la délicatesse, la distinction. Le cristal, symbole de transparence, diamant fragile où  la lumière diffractée, brillante,  scintillante s’associe au  noir, à l’opaque, au mystère. « Cristal noir »est, dans l’ouvrage,  le surnom donné par Charles Henri Chelan au parfum « Borgia 1914 ». C’est aussi un « jeu invisible entre le transparent et l’opaque »  que Charles-Henri est non seulement « le seul à saisir », mais que Pearl appréhende  en lui : «Il y avait dans sa réussite une grande clarté et, au cœur même de cette netteté, un bloc d’obscurité à chaque instant perceptible ».  D’emblée le titre du roman de Michelle Tourneur annonce une histoire où le secret,  la Beauté, la splendeur,  l’harmonie seront souverains et permettront d’oublier la dureté  du réel : « L’harmonie est la frontière où s’arrête la souffrance. » En effet, l’histoire située entre la fracture monstrueuse et absurde  de la première guerre mondiale et l’arrivée de l’angoissante crise économique de 1929, emporte le lecteur  dans des lieux de rêve où la Beauté et le raffinement s’imposent et éclatent de mille feux, vibrants, fascinants, plongeant les personnages et le lecteur dans des bouffées d’émerveillement. L’éblouissement est au cœur du travail des principaux personnages favorisant l’oubli de la réalité.

     Dans Cristal noir, Pearl Edwards une  Américaine de vingt-cinq ans, au prénom symbolique,  à la magnifique chevelure rousse,  jeune femme « imaginative, combative, opiniâtre », arpente depuis quelques semaines  les rues de « la ville phare », le  tourbillonnant Paris culturel des années 1929 fréquenté par les plus grands artistes, journalistes,  écrivains, pianistes, couturiers, cuisiniers comme Colette de Jouvenel,  James Joyce, Vladimir de Pachmann, Serge de Diaghilev, Paul Poiret, Georges Auguste Escoffier… Photographe, journaliste, Pearl « prépar ( e ) un ouvrage sur la gastronomie  française ». Le restaurant Le Paquebot  édifié       « dans un des quartiers les plus luxueux de Paris »      et son chef cuisinier Charles-Henri Chelan, homme mystérieux, raffiné, courtois, qui « n’ (est) pas bâti sur le moule commun » retiennent son attention. Et c’est à travers la vue, le goût, l’odorat, l’ouïe que se passe l’essentiel : le travail de photographe ou de cuisinier,  la vie, l’amour.  Charles-Henri Chelan comme  Lazlo Orkeni, son double, sont hantés par leur passé à jamais disparu. Tous deux recèlent un mystère caché (l’opaque, le noir) derrière des apparences lisses (le cristal).  La perte de sa mère, l’amour blessé ont poussé Charles-Henri loin de chez lui. Il a tout abandonné pour devenir cuisinier. Il prépare alors des mets raffinés, esthétiques, délicieux. La métamorphose des légumes, des viandes, des sucreries, des épices, deviennent avec lui des objets d’art et de dégustation faisant voyager les clients par les sens. De l’arôme vanillé  surgissent  des paysages chaleureux : « Une vague chaude de forêts, d’arbres nourriciers, de plantes géantes, de tiges en volutes, de vents parfumés, tournait entre les murs et l’enveloppait ».Les plats sont somptueux en forme, ( « Le vol-au-vent  de parade avait la forme d’une énorme poule couveuse. Couleur pain d’épice, fourré d’une préparation de ris de veau, d’asperges, de quenelles, de crêtes de champignons à la crème, le magnifique volatile de pâte semblait sculpté dans un matériaux mixte, mat et brillant, qui faisait jouer la lumière sur le bec et sur les plumes. Tout autour luisait une ronde d’œufs  décorés à l’or »),  en texture,  (« Le chou à la crème est une sphère.(...) Quand la petite cuiller attaque le chou, la coque raidie de caramel se fend et s’écarte. A La seconde attaque, elle éclate en brisures de pâtes, en volutes de crème et en écaille de caramel ») en couleurs, en arômes. Le dur et le moelleux se conjuguent pour devenir éclat et légèreté. Cuisiner, c’est extraire la quintessence des aliments, les arracher à leur banalité.  Ce ne sont pas de simples mets.  Ils vont au-delà, dans ce qu’il y a  de plus profond en l’être humain : « (...) l’essence des plats ne s’arrête pas seulement au plaisir du palais, mais fouille des espaces d’ombre et de mémoire secrète ». L’univers intime et les plaisirs gustatifs se mêlent. Le goût, les saveurs plongent dans les arcanes du chef cuisinier et du consommateur. La nourriture devient spectacle, art total. D’autant plus que le vocabulaire culinaire est la source de nombreuses métaphores artistiques, essentiellement musicales.

   En effet, la musique s’insinue dans cet univers de saveurs et d’arômes. Les champs lexicaux  culinaires et musicaux s’imbriquent. Le service devient un «  ballet (...) bien joué », le chef cuisinier réfléchit à  ses menus dans la « salle de composition ». Les textures ont des « notes moelleuses, croquantes, pointues, acidulées, onctueuses, fondantes. Une tonalité ». « Le battement du fouet introduit une percussion vivante dans la pièce confinée ». Le fourneau des métamorphose en  piano : « sur son piano noir à elle, les rates au beurre, les rôtis, les beignets (...) ». La musique et la cuisine se  sont mêlées pendant l’enfance de Charles-Henri grâce à  Rose, la mère nourricière, (« elle veut que je forcisse »),   qui l’a initié « aux délices ».  Rose revient dans l’esprit de Charles-Henri. Des voyages oniriques superposent présent et passé pendant des moments de somnolence ou de rêverie. Le lecteur assiste à tout un travail de mémoire avec des retours sur  les blessures secrètes  que Charles-Henri voulait refouler. La cuisine et la musique font se dresser des souvenirs nostalgiques. Les lieux sont hantés (« un fantôme d’effleure l’échine en ce moment ») par la  présence de Rose, de Justyna, « la mère polonaise, exilée en France par amour »,  de Zofia. L’œuvre de Michelle Tourneur est parcourue par la musique associée à des présences féminines, par des halos de lumière qui projettent des couleurs immatérielles, évanescentes, envoûtantes, bouleversantes :  «  (…) les contrastes de lumière. C’est le secret de l’émotion ». Dans Cristal noir, l’écrivain compose une véritable symphonie de sensations.

    Dans cet ouvrage à la structure non linéaire, aux nombreux retours en arrière, le présent et le passé se tricotent, s’imbriquent, se superposent. Les synesthésies, les métaphores, les comparaisons, les mots disant l’éclat, la légèreté, le diaphane,  soulignent la variété et la richesse de couleurs éblouissantes, de formes magiques, faisant naître des tableaux en mouvement colorés, savoureux  et parfumés. Les mots deviennent des jouets esthétiques sous la plume aérienne de Michelle Tourneur plongeant le lecteur dans des bouquets harmonieux d’évocations, de sensations, de senteurs. Avec elle, le moindre objet accède à la pérennité de l’Art. Elle crée tout un climat d’hypersensibilité,  magique, onirique, somptueux. La Beauté, l’art total, plaisirs éphémères, fugitifs,  sont des esquives permettant l’oubli des blessures d’enfance, des traumatismes et de  la réalité souvent tragique : « L’éphémère plus solide qu’une muraille de Chine pour résister à l’obscène marche de l’Histoire ». Dans tous ses ouvrages, Michelle Tourneur  fait pénétrer le lecteur dans un monde enchanté où vibre une vie lumineuse, légère, aérienne, précieuse  compensation d’une réalité décevante.

 

Du même auteur :

A l’heure dite  (Gallimard, 1997)

http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2011/03/25/a-l-heure-dite.ht

La Beauté m’assassine (Fayard roman, 2013)

http://lecritoiredesmuses.hautetfort.com/archive/2012/12/25/la-beaute-m-assassine.html 

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