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27 juin 2015

Regarde, je ne pleure plus

Regarde,  je ne pleure plus        
Marie-Christophe Ruata-Arn
Chiara Carrer (illustratrice)  
Editions Notari (2015)

 

(Par Annie Forest-Abou Mansour)

 

    image regarde.jpgUne rupture constitue toujours un moment destructeur qui submerge l’être d’émotions, drainant une multitude de sentiments contradictoires violents. L’explosion d’un couple altère chacun des deux conjoints. Mais elle broie aussi le fruit de leurs entrailles.  Comment expliquer ce difficile événement à un enfant ?  C’est cette explication que Marie-Christophe Ruata-Arn, l’auteure,  et Chiara Carrer, l’illustratrice,  arrivent à donner avec  sobriété,   bienveillance et une pincée d’humour dans le bel ouvrage Regarde,  je ne pleure plus.

    Le personnage désespéré après le départ de sa compagne, (« sono rimasto solo incapace di muovermi », « Nous avons dû nous quitter et contre cela, il n’y avait rien à faire. J’ai crié « NON ! ». J’ai beaucoup pleuré. Mais malgré ça, décidemment, il n’y avait rien à faire.») quitte son appartement et part marcher à travers la ville. Il trébuche, tombe et c’est alors que ses yeux s’ouvrent sur la vie. Dans l’univers de béton qu’est l’espace urbain, il constate une multitude de petits végétaux « émergeant des trous, des creux, de bornes et des dalles ».  Malgré les immeubles, les pavés, des petites plantes « de curieuses petites touffes  vertes : jungles miniatures, boutons de fleurs et arbres nains mais pas de bébés baobabs » (clin d’œil au passage au PETIT PRINCE) poussent, surgissent, métaphores de la vie qui déploie sa vitalité, résiste aux difficultés. Le personnage prend alors conscience que la vie est la plus forte, que l’être humain est capable de surmonter les épreuves, de rebondir. Il ne pleure plus et décide de semer sur sa route  des messages,  des « petites phrases, (d) est pensées simples, (d) est rien du tout » espérant que sa compagne les trouve un jour et les « arrange( e ) à (s)a guise ou (les) laisse fleurir dans le granit ». La narratrice et l’illustratrice montrent avec délicatesse que toute blessure peut se cicatriser. La beauté et la force de la vie aident enfant et adulte à façonner leur résilience.

    Dans Regarde,  je ne pleure plus les illustrations de Chiara Carrer  mettent en valeur la magie de l’existence, font oublier la détresse du personnage.   Chiara Carrer mêle croquis, collage de plantes au nom scotché sur un morceau de feuille de cahier quadrillé  d’écolier,  photographies. Son crayonné sûr, réaliste,  de camaïeu marron et beige,  relevé de touches de couleurs donne vie  et éclat au dessin.

    Regarde,  je ne pleure plus propose de façon plaisante une leçon de vie.  La nature possède une telle force qu’elle peut fleurir même en ville tout comme la capacité de voir la beauté des choses  peut permettre de repousser toutes les difficultés.

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